Saturday, July 18, 2009

Some unconventional language learning approaches

« J’ai connu une personne qui a appris le français de manière non conventionnelle, nous apprend Abderrezak Amara, de l’université de Mostaganem (Algérie). Il s’agit d’un vieux voisin qui, par des pratiques quotidiennes du français en situation de communication avec des locuteurs français présents en Algérie durant l’époque coloniale, a su intérioriser cette langue et a fini par la manier sans aucune difficulté. L’exercice de sa profession de marchand de légumes, la discussion avec les clients et le contact quotidien avec les autres marchands français, dans les halles et au marché, lui ont permis d’acquérir d’abord un professionnalisme, ensuite un savoir-faire langagier lié au jargon commercial. » Bel exemple d’apprentissage du français par immersion ! Une immersion qui peut aussi être aidée par l’école. C’est le cas pour Marina, fille de Maria Cristina Coelho, Brésilienne venue vivre à Nantes dans le cadre des accords de coopération France-Brésil : « Elle avait presque 4 ans. Elle est arrivée juste pour la rentrée des classes. Chaque soir, elle rentrait contente à la maison, sans rien comprendre du français que la gestuelle et les bonnes intentions des enseignantes de l’école maternelle. Et nous avons quitté la France avec une fille parlant un français parfait, appris de manière uniquement orale ! »

En bruit de fond

Cas de figure totalement inverse, Soline Vaillant, lectrice à Split (Croatie), nous parle, elle, d’une « personne qui a appris le français avec la méthode Assimil exclusivement. Son niveau est étonnant. Il a passé toutes ses soirées à écouter les cassettes d'Assimil tout en faisant autre chose en même temps. Il dit que ce « bruit de fond » entre dans l'inconscient. Il consacre également chaque jour environ quinze minutes à lire une leçon et à l’étudier. » Un peu similaire est le cas évoqué par Marie-Thérèse Barrès, de l'Université de Toulouse Le Mirail : « J’ai eu une étudiante dans ma classe, qui avait appris le français uniquement avec un dictionnaire ! Elle possédait les mots, il suffisait de les dire... C’était une réfugiée politique afghane. Arrivée en France, elle s'est efforcée d'imiter, de communiquer. Pendant les cours, elle manifestait une telle motivation que son apprentissage a été très rapide. » La pratique de la lecture en solitaire revient souvent dans les réponses. Horst-Juergen Herbert, de Baunschweig (Allemagne) évoque son propre cas : « Depuis une année, j'essaye d'apprendre le français en lisant le journal Le Monde sur l'internet. J’ai 50 ans et j'aime beaucoup le français, une langue que je n'ai pas pu apprendre dans ma jeunesse car j’ai vécu derrière le rideau de fer et dû apprendre le russe. Comme je parle aussi le roumain et un peu d'espagnol, je n'ai pas de grandes difficultés à lire en français. C'est de l'entretien passionnant et pas trop cher. » Monica Bustamante, de Valladolid (Espagne), nous parle, elle, de son mari : « Il est, et a été depuis son plus jeune âge, passionné de musique. Ne connaissant pas un seul mot de français, il s'est abonné à des magazines (d'abord Rock&Folk, puis Les Inrockuptibles) et, peu à peu, il est arrivé à presque tout comprendre dans des articles qui sont difficiles pour moi, professeur de français. Son objectif, la compréhension écrite, est atteint, et de manière autodidacte ! »
Mais il n’y a pas que la lecture, dans la vie ! « Je connais deux personnes qui ont appris le français... en regardant la télé, grâce aux images et au support de l'histoire (fiction) ou du message (pub), écrit Mireio Pradel. Un camarade italien et une jeune épouse migrante originaire du Maghreb, un peu cloîtrée, qui a mis à profit son isolement pour apprendre la langue de son pays d'accueil. »

Apprendre le slovaque

Et si l’on inversait les rôles ? C’est ce qui est arrivé à Magali Boursier, du SCAC de Bratislava, en Slovaquie : « Je n’avais aucune base de slovaque en arrivant. J’ai maintenant un niveau conversationnel correct, tout en ayant pris très peu de cours. Il se trouve que c’est au cours des « soirées francophones » que j’ai le plus progressé en slovaque. Le principe était simple : réunir autour d’un verre des personnes désireuses de parler français. J’ai gardé les sous-bocks de bière où ont été griffonnés des mots slovaques… » L’étape décisive a été une rencontre amicale : la femme d’un Slovaque francophone, qui prenait des cours de français. « Puisqu’elle progressait en français, je décidai d’aller vers elle et de progresser en slovaque : l’amitié fait des miracles… » Et de conclure : « Apprenez les langues ! Allez à la rencontre des langues des autres ! Enrichissez-vous ! »

Jean-Claude Demari


Note

1. La question posée sur www.fdlm.org était la suivante : « Connaissez-vous quelqu’un qui a appris le français de manière non-conventionnelle ? Et comment ?

Le français dans le monde est la revue de la fédération internationale des professeurs de français.

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Deux petits Oranais ont appris l’allemand grâce à la télé

Agé de dix ans à peine, Adel Bendaha est un enfant qui parle couramment l'allemand. Sa petite sœur Sara, 6 ans, à force de l'imiter, a acquis la même capacité que lui, celle de manier avec aisance un parler aussi complexe que celui de la langue de Goethe. Ce don fait de Adel l'attraction de toute la ville d’Oran. Ses parents sont pourtant des Algériens qui n'ont jamais appris l'allemand. Cette facilité qui permet à Adel de corriger la prononciation de certains adultes qui ont pourtant vécu longtemps en Allemagne, son père l'explique par une «addiction» aux programmes (pour enfants) des chaînes allemandes, les seules qu'il a pu capter, il y a quelques années, avec sa parabole à cause d'une bizarrerie technique. «Au début, je ne comprenais rien à ce qui se disait dans les émissions de ces chaînes, mais par la suite, j'ai pu saisir le sens des mots et construire ensuite des phrases», dira Adel. En constatant que son fils usait de mots d'allemand, son père l'a cru un moment «possédé» et a même voulu le présenter à un «taleb». Naturellement, Adel supporte la Mannschaft, l'équipe nationale allemande, qu'il espère voir couronnée du titre de champion de l'Euro-2008...


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"Ce que les enfants disent
apprendre à la télévision

Les enfants disent regarder la télé pour passer
le temps, se divertir, s’informer et apprendre.
Apprendre quoi? Les enfants qui ont participé
à la présente enquête ont été invités à nommer
trois choses qu’ils avaient apprises à la
télévision. Il est ressorti de leurs réponses des
« savoirs » de plusieurs ordres : habiletés,
information, connaissances, attitudes et comportements4.
Par exemple, les enfants ont dit avoir appris à
patiner, fabriquer des animaux en papier,
coudre, cuisiner, dessiner, etc. Des néo-
Québécois ont affirmé avoir appris le français
à la télévision (et des Québécois francophones,
l’anglais). Des enfants ont fait référence
à des sujets d’actualités comme le
scandale des commandites ou la guerre en
Irak; à des intérêts intellectuels comme la vie
des animaux, le mouvement des planètes, la
langue (mots nouveaux et compliqués); à des
gestes louables comme se montrer gentils
avec les autres, faire rire les personnes tristes,
ou ne pas répéter les mêmes erreurs que
d’autres ont faites. Selon les goûts manifestés
par les enfants, il est possible de tracer différents
profils de téléspectateurs : le sportif,
le bricoleur, l’artiste, etc. – voire le rebelle,
qui a appris des « gros mots » et des
« affaires violentes », ou le frimeur, qui prétend
soit avoir tout appris à la télévision, soit
n’y avoir rien appris du tout parce que c’est
« bébé » ou « des affaires de fille»…"


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3 comments:

Keith said...

なんでフランス語の記事に英語のタイトルを付けましたか?

reineke said...

Quelques approches non conventionnelles des langues étrangères.

Anne-Elisabeth said...

Ce qui prouve que, pour PARLER une langue, l'input (recevoir/entendre) est essentiel, bien plus qu'une grammaire ou un dictionnaire. Faut-il rappeler que nous avons tous, comme enfant, commencé par là pour acquérir notre langue maternelle? Une méthode comme Balingua se rapproche de cette perspective, en mettant la priorité sur la langue orale (comprendre/parler) sans métalanguage, sans écrit (ni lecture, ni écriture) pendant les +/- 20 premières heures de l'apprentissage: après ce formatage du cerveau à la langue orale, les apprenants parlent... ils peuvent commencer à lire, puis à écrire.
Vivent les formes non conventionnelles (et efficaces ;-) de l'apprentissage, en langues comme en d'autres matières!